La communauté LGBT et ses questions fondamentales

Avec la révolution féministe, la société occidentale évolue vers une plus grande égalité des sexes, au moins légalement. L’écart traditionnel entre hommes et femmes est devenu beaucoup plus vague qu’auparavant. La norme antiféminine ne sert plus à définir la masculinité. C’est pourquoi nous parlons d’une crise de la masculinité. Paradoxalement, l’homophobie continue d’être répandue. Des chercheurs à l’Université de Genève ont montré que beaucoup d’hommes se tournent vers l’homophobie pour renforcer leur masculinité et compenser la féminisation de l’homme dans la société. « C’est un système en réseau », déclare le professeur Falomir de l’Université de Genève. « En réduisant l’importance de la norme anti-féminine, les hommes compensent cet inconvénient en soulignant l’importance de la norme de l’hétérosexualité, raison pour laquelle l’homophobie est un moyen alternatif de renforcer leur masculinité ».

Voir à quel point le statut des homosexuels a changé est suffisant pour mettre leurs luttes en perspective. Ce n’est qu’en 1942 que l’homosexualité adulte a été décriminalisée en Suisse. Jusqu’en 1973 aux États-Unis et jusqu’en 1992 en France, elle était considérée comme un trouble mental au même niveau que la schizophrénie ou la dépression. Aujourd’hui, des militants homosexuels font campagne pour le droit de se marier ou d’adopter. Il y a trente ans, elle prétendait que sa sexualité, criminalisée par le droit et stigmatisée par la science, soit acceptée.

Les photos et commentaires ci-dessous sont tirés de l’exposition de l’Université de Genève de fin 2018 sur le thème des LGBT.

LGBT Familie Beratung intermedio.ch

J’ai toujours eu le désir d’avoir des enfants, mais je pensais cela incompatible avec mon homosexualité. Le jours où j’ai accepté mon homosexualité, j’ai donc accepté de ne pas devenir parent. Quand Matteo est arrivé avec cette idée, je l’ai pris pour un fou. J’ai dit: « T’es complètement fou! ». En fait quelques après…c’est un rêve qui s’est réalisé.

VITTORIO
Milano, in their house
3rd of April 2018

Nous savons que les enfants veulent toujours connaitre la vérité au sujet de leur origine et elles-ils ont le droit de savoir. Wendy, la mère porteuse, sera présentée comme la personne qui nous a aidés à les mettre au monde. Elle ne sera pas présentée comme leur mère, parce qu’elle ne l’est pas et n’a d’ailleurs jamais ressenti l’être. Elle se sent une femme libre qui nous a aidés à mettre nos enfants au monde. Les filles sauront que cette personne existe. Je pense que ce sera très facile à expliquer, parce que lorsqu’on explique les choses sans filtre, avec sincérité, les enfants n’ont aucune difficulté de compréhension. Alors qu’en tant qu’adultes, nous devons lutter pour nous rendre flexibles par rapport à ce qui est nouveau.

MATTEO
Milano, dans leur maison
le 3 avril 2018

LGBT Arbeitsplatz intermedio.ch

Dans les rues de Zurich: Parfois des baisers furtifs, des caresses, des regards de tendresse. Les couples homosexuels apprennent petit à petit à afficher leur orientation en public.

Zürich, Central

LGBT Fuehrungsberatung intermediär.ch

A l’adolescence, au cycle, ça commençait à être plus dur avec les autres, par rapport au physique et au reste. C’était vraiment dur, c’était même une période horrible. Maintenant, le harcèlement à l’école, la société ose en discuter alors qu’avant, il n’y avait rien du tout. On se faisait emmerder à l’école, on se faisait taper un bon coup et voilà. On ne parlait à personne et ça passait à un autre, ou ça continuait, ça dépend.

JOHANNA
Genève, à la maison,
le 14 avril 2018

LGBT Conseil intermedio.ch

Je me sentais très à part et puis on m’a très vite mis à part. Je n’ai rien demandé à personne, tout ce que je veux, c’est descendre en ville comme tout le monde et être tranquille. Au bout d’un moment, je me suis posé la question: « Pourquoi les autres auraient plus le droit d’être dans la rue que moi ? » Et ça a fait une sorte de débloquage dans ma tête. Maintenant, quand on m’insulte, je rigole. et je continue mon chemin.

RÉMY
Genève, chez lui
14  avril 2018

LGBT interkulturelle Berarung intermedio.ch

J’ai compris que ce que je vivais, mon homosexualité, n’était pas une tare, qu’il y avait des sentiments, qu’il y avait de l’amour, et que j’avais autant de droits que quiconque de vivre à ma manière, ce que je fais maintenant. Je me suis battu pour la visibilité des homosexuels parce que, pour moi, il était totalement exclu que je devienne un enseignant qui vit son homosexualité comme ça, entre deux chaises, trois tables et quatre courants d’air, ça non. Je ne pouvais pas l’accepter.

JEAN-PIERRE
Genève, dans les locaux de l’association PVA – Genève (Personnes vivant avec le VIH/SIDA),
le 8 mai 2018

LGBT fuer Fuerungskraefte intermedio.ch

Dés ma première relation avec une fille, je me suis toujours assumée. C’est là que c’est devenu une évidence pour moi. Du coup, je ne pouvais plus être dans l’ombre, parce que je ne supporte pas de montrer quelque chose qui n’est pas moi. Maintenant, je suis un tout, je suis Sélima, lesbienne, et je m’assume entièrement. Je ne mentirai plus sur mon identité. En tout cas, j’ai la force de ne plus cacher mon identität

SÉLIMA
Genève, dans sa première co-location
15 avril 2018

LGBT Coaching intermedio.ch

La bisexualité, c’est une orientation sexuelle assez ignorée aujourd’hui. Il y a beaucoup de cas où les comportements des personnes bisexuelles sont étiquetés comme gays ou hétéros. (NICCOLO)

Queer, c’est hyperdifficile à définir. Ce sont toutes les choses qui sont différentes de la norme et qui problématisent l’idée même de norme. Tout ce qui remet en cause l’idée de ve qui est normal. Du coup, queer peut devenir encore plus queer, dans le sens où il y a même des hétéros qui s’dientifient en tant que tel, car elles-ils remettent en cause l’idée de la binarité ou des catégories comme hétéro, homo, bisexuel, lesbienne… Queer, c’est tout et rien en même temps. (KWAKU)

NICCOLO und KWAKU
Genève, Bois de la Batie
15 avril 2018

LGBT interkulturelle Beratung intermedio.ch

Un médecin m’a dit: « T’est un mutant ». Pour moi qui suis passionné de science-fiction, ça m’excite assez bien parce que je me dis: « Ah voilà, je savais qu’il  y avait quelque chose de différent avec moi, ça y est, je peux mettre un mot sur ce que je suis »:

C’est injuste de dire « normal », ce n’est pas un mot qui me plaît. Ça me dégoûte d’entendre « t’es pas normal », ça veut dire quoi, « t’est pas normal »? Normaliser quelque chose, ça signifie en fait que tu juges selon ton propre vécu.

EDWARD
Genève, Promenade der Pins
22 avril 2018

LGBT Beratung intermedio.ch

Aprés des années vraiment difficiles en Turquie, je me sens vraiment en sécurité en Suisse, mais j’ai aussi des exemples d’homophobie et de xénophobie ici, C’est trés déboussolant.

FURKAN
Genève, Les Pâquis
21  avril 2018

LGBT am Arbeitsplatz intermedio.ch

Je crains que les droits des personnes LGBTIQ+, et pas seulement des personnes gays et lesbiennes, n’avancent que dans une tolérance des personnes qui ressemblent le plus à la norme. Je remarque déjà que les personnes blanches et de bonne famille sont bien plus acceptées que les autres.

MELOE
Genf, Café chez Quartier,
28 mars 2018